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NOS DESTINATIONS

AMM TO AMM: 6

02/03/2019

 

 

Aujourd'hui, nous visitons de Pétra de long en large. Nous oublions qu'au fil de la journée nous avons de plus en plus mal aux pieds et nous nous concentrons sur les paysages et les magnifiques trésors que nous découvrons. Nous commençons par le monastère qui est le plus loin de l'entrée principale !

 

 Journée à 12,16 kilomètres - 1000 mètres de dénivelé - 21'881 pas.

 

 

Deuxième journée à Pétra

 

 

En nous renseignant sur ce gigantesque patrimoine de l'UNESCO, nous avions vu qu'il y a deux entrées. Ayant déjà découvert le trésor le jour précédent et ayant encore le lendemain pour nous y rendre, nous décidons de nous concentrer sur le monastère. Pour se rendre à celui-ci, il y a les légendaires 800 marches ! Nous avons décidé de nous rendre avec la voiture à la deuxième entrée à Uum Sayhoun. Cela nous évite la traversée du Siq et de la plaine, nous laissant que la descente depuis Uum Sayhoun et les 800 marches.

 

Une fois arrivés sur place, un Monsieur nous explique qu'il y a encore une autre entrée qui nous amène encore plus près du monastère. En plus, il semblerait que le chemin soit plat. Que demander de mieux ? Quand il nous a bien vendu cette solution, il nous explique que nous ne pouvons nous y rendre qu'en 4x4. Ni une, ni deux, nous embarquons à bord de son énorme voiture et nous faisons confiance à cette solution. Moyennant un montant de ? JOD, nous nous rendons à cette troisième entrée ballottés et secoués par les dunes et les pierres. Heureusement nous y arrivons après une petite demi-heure, parce que je commençais sérieusement à être malade à l'arrière de ce pick-up !

 

Nous découvrons un petit campement et constatons que toutes les règles et lois du parc sont plus ou moins respectées par les locaux et les touristes.

 

Nous commençons la ballade à flanc de falaise, et effectivement le chemin est plutôt plat. Nous avons des vues sur les roches alentours à en couper le souffle. Au bout d'un moment nous voyons un rocher avec une forme étrange. Nous nous demandons ce qu'il fait là et tentons toutes les hypothèses possibles. Ce qui tombe bien, c'est que notre chemin va dans sa direction, nous pourrons résoudre le mystère !

 

Sur les traces du Monastère

 

Chemin au cœur de la réserve

 

Vue depuis le chemin pour le monastère

 

C'est par là ?

 

Nous nous prenons pour Indiana Jones

 

Nous longeons la falaise

 

Les pierres aux superbes couleurs

 

 

Effectivement, nous nous sommes un peu sentis bêtes quand noua avons constatés qu'il s'agissait du monastère...  Il s'agit de son point culminant qui dépassait du rocher. En même temps, c'est le plus grand "bâtiment" dans Pétra, il mesure 44 mètres de hauteur. De quoi se sentir minuscule devant lui ! Il est soit disant moins impressionnant que le trésor. Pour ma part, je l'ai trouvé vraiment tout aussi beau ! Il ne faut vraiment pas faire l'impasse dessus ! Il s'agissait d'un temple.

 

Je ne suis pas une historienne acharnée, mais Pétra m'a plusieurs interpellée et nous nous sommes posés beaucoup de question lors de notre visite. Ce qui nous a conduit à nous rendre au musée du Visitor Center et à nous renseigner un peu plus à son sujet. Malgré le fait qu'avant de partir nous avions visionné le documentaire Échappées Belles sur la Jordanie, il nous fallait des informations supplémentaires. Si l'histoire n'est pas votre truc, je vous invite à sauter quelques paragraphes. ;-)

 

Créée vers la fin du 8ème siècle avant Jésus-Christ par les Édomites, Pétra est occupée  un siècle plus tard par les Nabatéens. Ce sont eux qui la font prospérer et grandir. La situation de Pétra est un atout. Sa position est sur la route des caravanes transportant les produits précieux et sa localisation dissimulée au milieu des rochers aux parois abruptes la rende intéressante. Elle est, en plus, dotée d'un approvisionnement sûr en eau, ce qui en fait un lieu propice au développement d'une cité prospère.

L'endroit n'est accessible par le nord-ouest que par un étroit sentier montagneux, celui que nous avons emprunté dans les photos en-dessus ou à l'est par l'accès principal, le Siq, notre chemin de l'article précédant. La route d'Uum Sayhoun que nous avons utilisé pour repartir est arrivée bien plus tardivement.

 

Les sources étant peu abondantes dans cette région semi-désertique, les Nabatéens ont construit un système de captage des eaux de pluie et de redistribution aux familles. Pétra, située dans une cuvette, pouvait récupérer les eaux pluviales d'un bassin de 92 km2. Cela grâce à la relative imperméabilité des roches. Cette faible perméabilité du sol était un atout mais posait aussi de nombreux problèmes, comme le déclenchement de crues saisonnières très puissantes, destructrices et parfois meurtrières. Nous avons eu énormément de chance lors de notre séjour de ne pas assister à ces crues, ayant visité Pétra une semaine avant. Mais si vous n'avez pas vu ce fait d'actualité, il est plutôt impressionnant ! On trouve des vidéos sur internet.
 
Pétra est une ville « troglodyte » située au milieu d'escarpements rocheux. La pierre est visible partout sur le site, d'ailleurs il n'y a presque que de la pierre ! Celle-ci est composée de grès à dominante rouge-brun. C'est de cette pierre qu'est tiré le surnom de Pétra, la cité vermeille. La roche est organisée en couches, ou plus scientifiquement strates. Elles offrent des déclinaisons de couleurs chatoyantes renforcées par l'intensité de la lumière. Les grès multicolores doivent leurs différentes teintes aux nuances des oxydes de fer, à des oxydes de manganèse et à des fissures empruntées par des solutions de soufre.


Vers le 8ème siècle, la modification des routes commerciales et plusieurs séismes entraîne l'abandon progressif de la ville. Il faut dire que celle-ci est située dans une région à forte sismicité. Elle se trouve à la limite entre deux plaques tectoniques. Pétra a abrité à son apogée jusqu'à 25 000 habitants. Tombé dans l'oubli, le site est redécouvert en 1812 grâce à l'explorateur Jean Louis Burckhardt.

 

Le voyageur suisse se déguise, il se fait appeler Cheikh Ibrahim. Il a entendu dire qu'à proximité du village de Wadi Mussa se trouvait, au milieu d'une forteresse naturelle, des vestiges extraordinaires. L'Empire ottoman, à qui appartient la région, se méfie des personnes curieuses d'antiquités. Elles sont considérées comme « œuvres des Infidèles ». Burckhardt se présente alors comme un pèlerin souhaitant sacrifier une chèvre au prophète Aaron dont le tombeau est censé se trouver au-delà des ruines. Accompagné par un guide, il traverse la ville antique sans pouvoir un seul instant s'arrêter. Mais il est conscient de l'importance de tels vestiges et du fait que les ruines sont celles de Pétra. Enthousiaste, il répand la nouvelle parmi les Occidentaux installés en Orient et en Égypte.

À partir de 1830, le site de Pétra devient un lieu de visite, complément de pèlerinages religieux, mais également lieu de découvertes pour érudits. Les chefs bédouins des alentours de Pétra trouvent dans cette nouvelle affluence les sources de nombreux profits. Cependant, certains de ces chefs sont parfois hostiles à l'arrivée des visiteurs. Ce qui rend fort dangereux un voyage déjà coûteux en engagement de guides interprètes, en droits de passage ou en location de bêtes de sommes.


En 1923, l'émir Abdallah Ier autorise à la nouvelle entité « Bedul » la gestion et la taxation de ces territoires en échange d'accepter la tutelle du gouvernement. Depuis cet accord, un tourisme plus important et plus sécurisé commence à se développer à Pétra.

Vers la fin des années 1960, les entités appelées à superviser le futur de Pétra, afin de faciliter la visite des lieux et de préserver les vestiges de la cité, conseillent la délocalisation des bédouins hors du site historique. Les bédouins vivent jusqu'alors dans les vestiges de la ville, les tombeaux et dans de grandes tentes noires construites aux abords des ruines. En 1985, le gouvernement construit le village d'Uum Sayhoun afin de les héberger. Cela leur donne accès à de meilleures conditions d'éducation et de soins, mais les éloigne de leurs terres et des rentrées financières liées au tourisme. Certains bédouins refusent de rejoindre le village et environ 150 membres de la communauté choisissent alors de rester dans des grottes de Pétra.

Parallèlement, en décembre 1985, le site de Pétra est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO ce qui impose aux divers programmes de recherches de respecter les projets d'aménagement touristiques et de protection du site de Pétra, destination de foules toujours plus denses.

En 1994, rappelant le traité conclu en 1923 entre le gouvernement Jordanien et les tribus Bedul, le Petra National Trust entame la réintégration des bédouins sur Pétra. Tout en gardant leur base dans le village d'Uum Sayhoun, le projet est d'intégrer les bédouins dans l'économie touristique de Pétra et de mettre leur culture à profit afin de montrer aux visiteurs l'aspect plus traditionnel du site. Au XXIe siècle, les Bedul sont guides touristiques, artisans ou commerçants établis aux environs du site touristique.

 

En visitant, on sent bien que les bédouins ont compris que les touristes amènent de l’argent. Tout est monnayé, les enfants n'ont qu'un mot à la bouche "Dollar". Les personnes plus âgées semblent plus respectueuse mais nous avions l'impression d'être pris par les jeunes pour des portes-monnaies ambulants. Il existe d'ailleurs plusieurs site de prévention contre les arnaques à Pétra. Dont beaucoup sont des arnaques amoureuses. Je vous laisserai vous renseigner de votre côté sur les love scammers de Pétra. Nous n'en avons pas été victime et ne pouvons pas vous partagez notre vécu, mais juste vous mettre au courant que cela existe. Surtout si vous prévoyez de voyager seules, Mesdames !

Aujourd’hui, alors même que les fouilles se poursuivent, la ville antique est devenue un site touristique majeur. C'est le site le plus visité de Jordanie. En 2014, on atteint 596 602 visiteurs. Pour la comparaison, en 1991, Wadi Musa ne possédait que quatre hôtels alors qu'en 2015, la capacité de l'offre d’hébergement des alentours de Pétra est de 40 hôtels avec 4 170 lits.

Avec le tourisme de masse, le gouvernement doit désormais faire face aux problèmes de dégradation de l’environnement et des monuments, ainsi qu’aux problèmes d’alimentation en eau que peuvent entraîner un aussi grand nombre de visiteurs. L’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO a cependant permis à la ville de bénéficier de subventions et d'actions permettant de préserver au mieux ce site historique. Le site souffre cependant énormément des dégradations dues aux passages importants. Contrairement a beaucoup d'endroit en Jordanie, les déchets sont récoltés. Il y a de nombreuses poubelles et rien ne traine. Par contre quand on s'éloigne un petit peu des chemins principaux, les fosses servent à contenir ces nombreux sacs-poubelles et nous ne sommes pas sûrs qu'ils soient tous évacués correctement.

 

Le Monastère al-Deir

 

Une des plus belles vues au monde

 

Le Monastère al-Deir

 

La prise de vue du Monastère qui sent pas bon !

 

Le Monastère al-Deir

 

 

En redescendant du monastère, nous nous sommes encore félicités de notre petit périple en 4x4 qui nous a évité de monter ces nombreuses marches ! Voir les autres monter en souffrant nous a presque fait plaisir. Oui, parfois un petit peu de sadisme ne fait pas de mal ! La descente est remplie de stands. Chaque stand offre un éventail plus ou moins large des souvenirs que l'on peut acheter. Les propriétaires sont plutôt actifs et insistants pour héler les touristes montant péniblement. À la descente, nous avions l'avantage d'aller un peu plus vite !

 

La vue sur la plaine est très belle et nous avons pour la première fois vu le grand temple et le long chemin de sable en plein soleil qui relie celui-ci avec le théâtre et les tombeaux. Il fait chaud, très, très chaud. J'ai l'impression de ne pas être quelqu'un qui supporte facilement la chaleur vu que je m'en plains presque à chaque article !

 

Après avoir visité les tombeaux, revu le théâtre et le Khazneh, nous avions encore un peu d'énergie pour monter voir le Khazneh de haut. Ou peut-être avions-nous juste trop d'enthousiasme... Ni une, ni deux, nous sommes partis pour faire le Al-Khubtha Trail. C'est la vue la plus haute, qui est une randonnée officielle, où les bédouins ne jouent pas les guides : voici les raisons principales au choix de ce point de vue. Il en existe de nombreux dont des plus accessibles, mais il faut monter avec un guide. Pour admirer la vue au sommet, un bédouin y a construit une grande tente. Si vous voulez admirer la vue depuis celle-ci, il vous faudra y acheter un thé. Mais vu la montée, nous n'y avons pas vu d'inconvénients à nous désaltérer un peu.

 

La chose que nous avions un peu mise de côté dans notre esprit était que nous devions retrouver la voiture... La dernière montée sur la route goudronnée était plutôt pénible ! Mais pas question de céder à la tentation de l'âne, nous restons sur nos principes !

 

Du haut des 800 marches

 

Le Grand Temple de Pétra

 

Le Grand Temple de Pétra

 

Le Grand Temple de Pétra

 

Le Tombeau de la soie

 

Le Khazneh vu d’en haut

 

Le Khazneh vu d’en haut

 

On redescend du point d'observation et on va bien au village en face, il reste du chemin ! 

 

 

 

 

OCTOBRE 2018

 

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